Bilan présidentiel

Malgré le symbole d’unité, un bilan présidentiel qui reste mitigé…

La présidence de Mandela qui aura duré 5 ans peut être divisé en deux : un mandat placé sous le signe de l’unification des blancs et des noirs mais des problèmes économiques et sécuritaires persistants.

Des succès…

Nelson Mandela en 1998 - Licence Creative Commons Arquivo/ABr

Nelson Mandela en 1998 – Licence Creative Commons Arquivo/ABr

La plus grande et la plus importante victoire de Nelson Mandela durant toute sa vie mais plus encore pendant son mandat en tant que président aura été sans aucun doute l’unification des blancs et des noirs. Certes, les rancœurs et les violences persistent encore entre les deux populations mais sans les actions menées par Mandela, le pays aurait très certainement sombré dans une guerre civile dévastatrice. En effet il a poussé à l’extrême les gestes de pardon envers ses oppresseurs blancs d’autrefois : il a par exemple serré la main de l’ancien procureur Afrikaner qui voulait le faire pendre en 1964, il a également été prendre le thé avec la veuve du docteur Henrik Verwoerd, homme politique sud africain plus connu sous le nom « d’architecte de l’Apartheid ». C’est la multiplication de ces gestes de réconciliation extrêmement symboliques qui ont à la fois rassuré les blancs des intentions pacifistes de Nelson Mandela et convaincu les noirs que le pardon était nécessaire pour qu’une paix durable s’installe dans le pays. Cela lui a d’ailleurs été reproché : certains de ses partisans considérant qu’ils les a privés d’une révolution, révolution qui, si elle avait eu lieu aurait été destructrice pour l’ensemble du pays. Mandela a donc fait le choix du pardon et des négociations. C’est en cela qu’il a souvent été catégorisé comme un président de cérémonie, en effet son rôle aura été beaucoup plus diplomatique et symbolique. Il a très peu influé sur les affaires économiques et c’est là que se trouvent ses échecs et les critiques qui lui sont faites.

…mais aussi des échecs.

On lui reproche de ne pas avoir été assez ferme entre 1990 et 1994 (avant son élection, lors des négociations avec le président De Klerk) pour obliger De Klerk à contrôler sa police et son armé, mais également de ne pas s’être assez investi pendant son mandat sur les ravages du Sida dans les années 90. Les problèmes les plus urgents n’ont pas été « pris à bras-le-corps » comme ceux de la pauvreté, du chômage, de la santé, de l’éducation, de l’aménagement des townships etc. Ainsi, à la fin de son mandat en 1999, 42% de la population noire est encore au chômage contre 4% de la population blanche. En 5 ans les viols ont augmenté de 23% et le taux assassinat est 7 fois plus élevé en Afrique du Sud qu’aux Etats-Unis. Mandela lui-même affirme ne pas avoir été assez décisif en matière de société mais il a toujours défendu fermement sa politique de la main tendue.
Aujourd’hui encore, près de 15 ans après ce bilan, un quart des sud africains est au chômage et la moitié de la population noir vit sous le seuil de pauvreté. Preuve que les problèmes et divergences qui secouent le pays n’ont pas disparus. La nation arc-en-ciel reste encore un mythe qui n’est pas encore atteint. Le président Mandela était le président de la réconciliation et de l’union national, il était l’homme que les noirs et les blancs admiraient. Mais maintenant qu’il a disparu, vers qui les sud africains vont-ils se tourner pour garder leur unité, encore si fragile?

- AFRIK ECO – 13/12 – DOSSIER – AF du SUD Mandela bilan éco

(02:17)

Le bilan économique du mandat de Nelson Mandela, le 13 décembre 2013 sur RFI