Ennemi public n°1

Le procès de Rivonia :

Nelson Mandela en costume traditionnel au procès de Rivonia – Domaine Public

En 1964, Nelson Mandela déjà emprisonné répond cette fois à des chefs d’accusation plus graves : sabotage, utilisations d’explosifs, haute trahison et complot. Durant la lecture de l’acte d’accusation, le procureur énonce que les munitions saisies pouvaient suffire à faire sauter une ville de la taille de Johannesburg. Les documents saisis à son domicile par la police de l’apartheid mettent en évidence notamment l’existence d’un plan d’invasion armée, la désignation de cible précise et l’établissement du siège d’un gouvernement provisoire dans un état voisin. Aux côtés de 19 dirigeants de l’ANC, le leader du parti politique est le premier à prendre la parole dans le tribunal de Pretoria, il prononcera alors ce fameux discours de 30 minutes qui est plus un manifeste de la démocratie qu’un plaidoyer. Avec d’autres dirigeants du MK, il fut condamné à la prison à vie. Les condamnés blancs sont envoyés à la prison centrale de Pretoria tandis que les autres condamnés sont envoyés au bagne, sur l’île de Robben Island.

Deux jours avant le jugement, les Nations Unies avaient appelé le gouvernement sud-africain à ajourner le procès et à remettre les accusés en liberté.
En juillet, en réaction à ces condamnations, un activiste du mouvement de résistance africaine (ARM) fait sauter une bombe à la gare de Johannesburg tuant une femme et blessant une douzaine d’autres personnes. Il est arrêté, jugé, condamné à mort et pendu. À la fin de l’année 1964, la résistance violente et non violente à l’apartheid est écrasée, ses dirigeants en prison ou en exil.

Traduction du discours en français (Cliquez sur le lien pour l’ouvrir dans un nouvel onglet)

« Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Nelson Mandela
Les accusés au procès de Rivonia dont Nelson Mandela (en haut)

Les accusés au procès de Rivonia dont Nelson Mandela (en haut) – Domaine Public – Auteur Inconnu