Prix Nobel de la paix, 1993

Du statut de criminel à celui de défenseur de la paix…

Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le prix Nobel de la paix le 9 décembre 1993 à Oslo  ©AFP/Archives Gerard Julien

Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le prix Nobel de la paix le 9 décembre 1993 à Oslo ©AFP/Archives Gerard Julien

Un prix Nobel, deux lauréats.

Pour bien comprendre l’histoire de ce prix Nobel, il faut comprendre la présidence de Frederik de Klerk. Lorsqu’il accède au pouvoir le 15 Août 1989 d’abord en tant qu’intérimaire puis élu par des élections générales le 6 septembre 1989. Tout le monde pense alors qu’il va continuer la politique ségrégationniste de ses prédécesseurs : en effet, il est au pouvoir depuis 1978 (sur des postes à différents ministères) et a été formé par les Afrikaners du Parti National. Mais le 2 février 1990, De Klerk change radicalement de point de vue, à la stupéfaction de tous. En 30 minutes de discours il démolit les piliers de l’apartheid, légalise les partis noirs et promet la libération prochaine de Nelson Mandela. Le 11 février, il est libéré. C’est le début des négociations entre les deux hommes. Elles sont certes difficiles mais soutenues par la communauté internationale et essentielles pour réussir la transition démocratique et la fin de l’apartheid.


Le prix Nobel remis à Nelson Mandela et Frederik De Klerk, le 10 décembre 1993 sur A2 © L’INA

Le partage du prix difficile à accepter par les alliés de Mandela…

Que le prix Nobel soit conjointement remis à Frederik de Klerk fut très mal pris par le clan Mandela. Cette citation de Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature et proche de l’ANC montre très bien ce sentiment : « Pour nous, c’était une sorte de trahison de voir qu’il devait partager ; que le président de l’apartheid avait quelque chose à partager avec Mandela et de voir Mandela se tenir là à Oslo à côté de De Klerk, placé au même niveau ». Il a fallu un fort pouvoir de persuasion de la part de Nelson Mandela pour leur expliquer pourquoi il était important d’accepter ce prix Nobel et de travailler avec les blancs pour le maintien de la paix.

«Il nous a convaincu après une vive discussion que quoi qu’il en soit, c’était important pour nos compatriotes, à cause de la réconciliation –on se réconcilie seulement avec un ennemi– et pour montrer au monde que nous, les Sud-Africains, nous avons transcendé nos différences»

Tokyo Sexwale ancien prisonnier au coté de Mandela et ministre du gouvernement sud africain.


Le rôle de Frederik de Klerk dans le processus démocratique, le 15 octobre 1993 sur A2 © L’INA