Sur la scène internationale

Opposition à la guerre d’Irak et à George W. Bush
Nelson Mandela et le Président américain George W. Bush dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche en mai 2005

Nelson Mandela et le Président américain George W. Bush dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche en mai 2005 – Creative Commons Paternité – Eric Draper

En novembre 2001, Nelson Mandela présente ses condoléances à la suite des attentats du 11 septembre et soutient les opérations en Afghanistan.

Suite à ça, en juillet 2002, le président George W. Bush le décore de la Médaille présidentielle de la liberté, l’appelant « l’homme d’État le plus révéré de notre temps ».

Mais, en 2002 et 2003, Nelson Mandela critique la politique étrangère du président Bush dans plusieurs discours (comme il l’avait fait pour Bill Clinton en 1998, Cf vidéo).


Afrique du sud/Mandela/Clinton ©INA

Fervent défenseur de la paix, Nelson Mandela déclare s’opposer fermement à l’attaque des États-Unis et de leurs alliés contre l’Irak dans un discours prononcé à l’International Women’s Forum en 2003. Il accuse le président George W. Bush de vouloir « plonger le monde dans l’holocauste », l’accusant d’arrogance et de manque de vision et d’intelligence.
Cette action n’ayant pas été validée par les Nations Unies, Nelson Mandela ne la juge pas nécessaire et pense qu’elle diminuera l’influence de l’ONU. Il précise qu’il aurait soutenu cette démarche contre l’Irak si cela avait été demandé par les Nations Unies. De plus, il encourage le peuple américain à manifester contre la guerre et appelle les pays dotés d’un droit de véto au conseil de sécurité à l’utiliser.
Les accusations de Nelson Mandela sont claires : il considère que Bush est allé en Irak uniquement pour le pétrole, et insinue que la politique de Georges W. Bush et de Tony Blair ignore les recommandations de l’ONU et est motivée par le racisme. Il attaque les États-Unis sur tous les fronts en parlant de leur passé de violations des droits de l’Homme et pour les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki lors de la Seconde Guerre mondiale.

« S’il y a un pays dans le monde qui a commis des atrocités indescriptibles, ce sont les États-Unis d’Amérique. »

Quelques années plus tard, en 2007, le président Bush compare la situation en Irak à celle de l’Afrique du Sud et considère que le chaos présent en Irak est du à Saddam Hussein, ironisant sur le fait que celui-ci a empêché l’émergence d’un leader unificateur comme Mandela. Il ajoute à ça que « Nelson Mandela est mort parce que Saddam Hussein a tué tous les Mandela », voulant ainsi marquer l’absence d’un Mandela irakien ; l’ironie de cette annonce n’a pas été comprise et certains auditeurs crurent que Nelson Mandela lui-même était mort, ce qui fut démenti par la fondation Nelson-Mandela.